AUTOUR DE LA CITÉ IDÉALE

Si le demi-cercle de la Saline symbolise à lui seul la cité idéale, c’est en fait L’Architecture considérée sous le rapport de l’art, des moeurs et de la législation (1804) – seul tome publié sur les quatres annoncés – qui offre à la postérité les réflexions et propositions de Claude Nicolas Ledoux pour une société harmonieuse.

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LA VILLE IDÉALE DE CHAUX

Esquissée, pensée dès 1773, dessinée, modifiée, perfectionnée jusqu’à la fin de sa vie, la ville idéale de Chaux a toujours été le rêve secret de Claude Nicolas Ledoux.

Sous l’impulsion des fermiers généraux, Louis XV passera commande auprès de l’architecte d’une nouvelle manufacture royale, située à Arc et Senans, en complémentarité à celle de Salins et afin de restituer par évaporation, le sel contenu dans la saumure. Claude Nicolas Ledoux donnera à l’usine une forme de demi-cercle, d’hémicycle, qui était susceptible d’être agrandi, doublé, de devenir une ellipse : la ville idéale de Chaux (du nom de la Forêt attenante) et jamais construite.

Adepte des théories de JJ Rousseau, soucieux de « réinstaller la société dans son environnement naturel », Claude Nicolas Ledoux imagina une ville à la campagne, située entre la rivière Loue et la forêt de Chaux. Un cercle complet, exactement le doublement de la Saline d’Arc et Senans. Pour Rousseau, philosophe des lumières « l’Homme est perfectible et s’il est corrompu, c’est par l’immoralité inhérente aux sociétés urbaines ». Ce sera donc une ville verte, conçue avec des plantations d’alignement en triple rang qui bordent les routes desservant la province, la superficie des jardins potagers doublée, et des bâtiments intégrés dans la nature au mieux de leur environnement.

Claude Nicolas Ledoux concevra toute sortes de bâtiments nécessaires à la vie sociale, à la vie domestique : marché couvert, bains publics, église, maison de gymnastique et aire de canotage, écoles, université, hospice, ateliers pour les ouvriers de la forêt, maison de convalescence, de tolérance, tel des bâtiments plus moralisateurs à la gloire des vertus humaines : panarethéon ou temple de la vertu, pacifère ou temple de la paix, la maison d’éducation.

Pour certains de ces bâtiments Ledoux va employer une sorte d’architecture parlante: la forme exprimant la fonction et qui pouvait être lue comme une enseigne, ce qui équivaut aujourd’hui à un logo, un pictogramme. C’est ici un projet très moderne où Ledoux ne s’exprime pas seulement comme architecte, mais également comme un urbaniste, où la ville est pensée dans sa globalité. Aucune fonction n’est oubliée.

C’est peut-être une utopie lorsque l’on sait que Ledoux avait écarté volontairement la prison, absence qu’il justifie par le fait que l’environnement naturel- végétal ou minéral (le beau engendrant forcément le bien) doit permettre à l’homme responsable de ses actes de méditer sur leur conséquence, de se repentir et de s’amender. « L’homme est perfectible, capable de se perfectionner de par ses propres expériences, de par ses propres sensations » (JJ Rousseau).


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