Cité lotus © Luc Schuiten

Cité lotus © Luc Schuiten

LUC SCHUITEN CÔTE JARDIN
Du 2 juin au 21 octobre 2018
Président du Festival des jardins : Alain Baraton
Inauguration : Samedi 2 juin 2018 à 16h30

La Saline royale a l’immense plaisir d’accueillir Luc Schuiten dont les projections visionnaires inspirent les jardins du 18ème festival où architecture et végétation sont intimement liées.
Le premier jardin, Vertigo, propose une immersion dans un univers mêlant la régularité architecturale des tours des villes à la folie organique de la nature. Gagnées par des plantes grimpantes avides de lumière, les tours se parent de couleurs, d’odeurs au son du bruissement des feuilles. Après avoir été spectateur, le visiteur devient acteur. L’écureuil saute, l’oiseau se pose, le singe se balance, les insectes virevoltent. Et nous ? Nous pourrions marcher, tel des funambules, sur le réseau infini qui se dessine d’arbre en arbre. Le jardin des émergents, du nom des plus hauts arbres de la forêt, invite à parcourir la canopée. Il propose un nouveau regard sur ce monde inconnu et fragile. Pied à terre pour explorer à présent les différents stades de développement de la forêt. Tout comme l’Homme, la forêt s’installe progressivement et se développe pas à pas. Les années passent et au cours de sa vie, l’Homme s’accroît et mûrit d’année en année tout comme la forêt qui est alors d’une maturité permettant de l’exploiter pour y édifier un lieu de confort, une bulle dans le jardin : c’est la chambre verte qui invite à s’allonger pour contempler une échappée vers le ciel. Attention terre d’expérimentation ! Ici rien de conventionnel pour cette parcelle qui propose des habitats alternatifs en matériaux naturels. Ainsi Thomas Vallas érige des murs de mycéliums tandis qu’Evelyne Adam fait pousser des dômes habitables du nom de KerTerre, le tout selon un design imaginé par Luc Schuiten. Sur ce jardin, l’expression « habiter la terre » prend tout son sens… Le lotus, symbole ancestral de sagesse et de spiritualité, végétal incroyablement bien adapté à son milieu aquatique est l’élément central du jardin inspiré de la cité lotus de Luc Schuiten. Ici l’élément eau, source de vie, permet à la cité de se développer en adoptant les caractéristiques de la fleur de lotus. La cité des vagues est sans cesse en mouvement, les arbres formant un bâtiment finiront par dépérir avant d’être remplacés par de plus jeunes sujets qui, à leur tour, formeront un bâtiment. Créant ainsi un mouvement semblable aux dunes et aux vagues. Les visiteurs pourront donc apercevoir, sur les côtés de la vague, de jeunes arbres destinés à devenir les futurs piliers porteurs. Embarquement immédiat dans un univers où l’environnement et la nature sont devenus des modèles à suivre et à reproduire. Ce jardin propose des solutions de déplacements durables et inspirées de la nature. Ce biomimétisme offre alors des perspectives de vues et de vies nouvelles au coeur de la cité. Le jardin de vasques invite à une déambulation à travers différents biotopes, délimité par les mouvements de sol et décrit par la scénographie végétale. Le jardin adopte alors le rôle d’un espace vivrier, de production végétale et alimentaire. L’art du jardinier consiste ici à regrouper et synthétiser les ressources dont toute la cité a besoin. La succession des révolutions industrielles a saturé l’atmosphère de gaz à effet de serre. Là, la concentration de gaz carbonique a généré le développement spectaculaire d’une espèce en particulier : la prêle. Bientôt, la plante en métamorphose forme une véritable architecture végétale. C’est au milieu de ces édifices naturels que les survivants se retranchent. Bienvenue dans le monde utopique de la société des Habitarbres en contraste avec notre mode de vie très minéral. L’équilibre en est le maître mot. Ses habitants humains y ont autant de considération que le règne végétal, mycélien, et animal. Les déplacements sont libres et aisés dans cette cité nébuleuse aux apparences de forêt qui regorge de richesses. Une autre société existe si nous voulons bien la voir. Elle n’attend que nous pour naître. Le futur est déjà là, il se conjugue avec la nature.

 Blog du Festival des jardins